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Lundi 30 mai 2011 1 30 /05 /Mai /2011 15:33

La barque

 

L'image n'est plus déchirée ni fractionnée. Seuls les choix du sujet, de la couleur, du cadrage expriment un état intérieur. Bien sûr l'apaisement est relatif : l'image parle souvent de crépuscule, de vase, ou de brouillard mais le geste violent ne m'intéresse plus pour l'instant. Finalement la quiétude s'installe peut-être et avec elle peut-être un changement de technique. En effet peu à peu je commence à apprivoiser la peinture à l'huile. Cette technique n'admet pas l'urgence et m'oblige à prendre le temps , l'oeuvre se construit à un rythme moins frénétique. 

Par nadia GIROUF - Communauté : la création et ses processus
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Vendredi 24 septembre 2010 5 24 /09 /Sep /2010 22:31

tryptique
tryptique
3 panneaux de 25X60 cm, acrylique et papier collé sur toile, 2010 par nadia GIROUF

 

Ca y est enfin, je m'autorise à oublier le dessin, le sujet, la technique. Je sais dessiner, il ne faut plus que j'en doute, je n'ai plus à le prouver , surtout à me le prouver. Je peux donc enfin me "lâcher", me laisser aller au plaisir de la couleur, de la matière, à chercher la vibration, la lumière. Voici un premier exemple avec ce "tryptique". D'autres sont à venir.

Par nadia GIROUF - Communauté : la création et ses processus
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Mercredi 17 février 2010 3 17 /02 /Fév /2010 12:07

Besoin de m'éloigner du nu, besoin de respiration.
Depuis longtemps le désir de dépeindre ce qui me touche à l'extérieur était présent. Mais comment s'ouvrir quand tant de choses restent enfermées à l'intérieur? Finalement le fait de déchirer mes nus m'a peut-être permis de laisser passer quelques émotions, d'ouvrir des brèches par lesquelles peuvent s'infiltrer d'autres sensations. Et puis la quiétude devient plus palpable. Face à certains paysages elle a toujours été réelle mais de retour à l'atelier, elle disparaissait, laissant la place à l'urgence d'extirper des choses plus intérieures. Cette fois je me suis sentie beaucoup plus paisible, prête à décrire l'extérieur, à me détacher de l'enveloppe du corps. Il y a peut-être eu une sorte de libération. 
Bien sûr le sujet n'est pas encore aussi paisible qu'il pourrait l'être. Mon regard se porte certes sur les Pyrénées immuables, solides, rocheuses, mais aussi sur des paysages d'estuaire, de vase, des ciels orageux. Et puis il y a toujours la nécessité de détruire ce qui est construit, de déchirer pour reconstruire. Comme si la technique picturale ne suffisait pas à rendre l'aspect dramatique. Il faut un acte plus fort, un geste plus inconscient pour que je m'approprie ce paysage, pour en faire autre chose qu'une image du réel.

paysage dechiré-estuaire 1

Par nadia GIROUF - Communauté : la création et ses processus
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Lundi 9 novembre 2009 1 09 /11 /Nov /2009 22:24
Ca y est, je les ai commencées. Il faut dire que cela faisait quelques semaines que l'idée me trottait dans la tête. Le marouflage ne me suffisait plus il fallait que je commence à déchirer. Evidemment ce n'est pas facile de se décider à déchirer son travail, ça commence comme une destruction mais très vite il y a reconstruction. Alors j'ai essayé avec un dessin auquel je ne tenais pas vraiment ("déchiré(e) 1"). Finalement quel plaisir de déchirer , de froisser, de coller. Et puis le résultat me plaisait.  J'ai donc renouvelé l'expérience mais cette fois avec des dessins destinés dès le départ à cette "destruction-reconstruction". Et voilà c'est parti, j'espère que ce n'est que le début d'une grande série.
Maintenant la question est de savoir pourquoi ces déchirures. Comme d'habitude je me suis laissée entraîner par une sorte de nécessité, j'ai commencé ce travail sans savoir ce que j'allais exprimer à travers lui. Il fallait juste que je le fasse. Mais déjà en regardant ces premières expériences quelques clés de lecture me viennent à l'esprit. Bien sûr au premier regard l'image peut paraître violente, comme ce corps de "déchiré(e) 3" qui semble vouloir se protéger, se crisper et finalement éclater sous des coups venant de l'extérieur. Oui, j'assume cette volonté de décrire les épreuves qu'endurent les femmes, les violences, les maladies, les douleurs qui les brisent dans leur corps et dans leur âme.   
Mais c'est aussi l'image qui est déchirée, l'image d'un corps, l'image d'un corps sur une affiche, l'image d'un corps qui se montre. Et voici de nouveau la question du regard qui se pose. Le corps exposé au regard se brise-t-il? Le regard posait sur le corps est-il destructeur?
Mais peut-être faut-il briser cette image, peut-être y-a-t-il autre chose derrière ce corps, autre chose à l'intèrieur, qui cherche à sortir, cette chose qui un jour brisera la carapace et s'exprimera librement.  Peut-être est-ce une éclosion plutôt qu'une destruction. Peut-être y a-il dans ces oeuvres plus d'espoir que l'on ne l'imagine à première vue. Oui, j'en suis certaine quelque chose doit sortir, je ne sais pas encore quoi ni sous quelle forme, il faut encore que je travaille...
Par nadia GIROUF - Communauté : la création et ses processus
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Jeudi 15 octobre 2009 4 15 /10 /Oct /2009 21:32
Depuis que je peins mon sujet de prédilection est le nu féminin. Mais il m'était impossible jusqu'à présent de comprendre ce que j'exprimais à travers la représentation du corps féminin. Contrairement à ce que beaucoup de gens ont pu penser, je ne représente pas l'objet de mon désir, loin de là. J'ai encore bien du mal à expliquer qu'il me soit si nécessaire de représenter ce sujet. Bien sûr dès le début j'ai ressenti une sorte de proximité avec mon sujet. La plupart de mes modèles sont mes amies, je connais leur histoire, me sens proche d'elles. Ce sont aussi des modèles tirés des oeuvres des grands maîtres du passé que j'admire. Mais peu à peu je  commence à comprendre que mon travail va au-delà de la simple représentation du corps féminin.
Tout d'abord il y a eu, lors d'une exposition, ce lapsus d'une visiteuse, qui ayant du mal à supporter toute cette nudité exposée m'a dit n'aimer que les tableaux de fleurs, de paysages, d'animaux bref tout ce qui est vivant. En peignant des nus je représenterais donc des cadavres! Bien sûr que non, mais j'ai commencé à comprendre que la représentation du corps nu n'est pas du tout anodine. Pour moi qui suis issue de l'histoire de l'art, qui ai baigné dans la statuaire antique, dans les différents courants de peinture où tout était prétexte à représenter la nudité, c'était un choc. Et puis je me suis souvenu que dans l'imagerie du moyen-âge les seuls nus que l'on pouvait voir étaient les représentations des âmes. Et je me demande s'il n'y a pas quelque chose à fouiller de ce côté.  
Une autre étape vers la compréhension de ma démarche a été une réflexion plus intime. Née en 1968, j'appartiens à une génération qui a été élevée dans une société qui se libérait dans ses comportements dans ses moeurs, dans sa sexualité. Le corps ne devait plus être un sujet tabou, au contraire, il était facile, voire même de bon ton de le montrer dans sa nudité. Bizarrement, il m'est devenu plus facile, à l'adolescence et au jeune âge adulte, de montrer mon corps que d'exprimer mes sentiments. Cela a bien sûr donné lieu à des dérives, des excès, des incompréhensions et des frustrations. Et lorsque je vois mes tableaux, ces corps jeunes mais déjà froissés, plissés abîmés je me demande si finalement ce n'est pas une façon de dénoncer les ravages que les regards posés sur le corps peuvent faire à l'âme. Une mise en garde pour toutes ces adolescentes, ces femmes jeunes et moins jeunes qui se montrent pour exister aux yeux des autres mais surtout pour avoir la preuve à travers le regard de l'autre de leur propre existence. Mais on oublie souvent que le regard peut avoir un pouvoir tout aussi destructeur que la parole. Se dénuder c'est aussi se mettre à la merci de regards négatifs, de jugements de valeur, d'incompréhension, de dégoût ou de désir.Et lorsque l'on n'est pas préparé à cela les dégâts peuvent être terribles. Finalement le corps et l'âme me semblent très liés et lorsque l'on blesse l'un, l'autre est atteint tout autant.
Par nadia GIROUF
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